« Christ Hall » de Thomas Bloch

  • Le 18/10/2015 à 18:00
  • Chapelle des Cordeliers - Sarrebourg
  • entrée gratuite avec obligation de s’inscrire au
  • Durée : A 18h00 puis à 20h00 !!

Dimanche 18 octobre, chapelle des Cordeliers

L’ange du bizarre
dans la Chapelle des Cordeliers
pour deux créations musicales


Sarrebourg
Dimanche 18 octobre 2015
(en 2 concerts à 18h & 20h)

« Christ Hall » de Thomas Bloch

À  deux reprises, à 18h puis à 20h, l’ange du bizarre sera au rendez-vous dans la lumière du vitrail de Marc Chagall, avec cette nouvelle création de l’oeuvre de Thomas Bloch où le compositeur sera entouré de la harpiste Pauline Haas, du sopraniste Patrick Husson et des percussionnistes François Hagenmuller et Mathias Romang entourés de six de leurs élèves au CRIS de Sarrebourg.

Thomas BLOCH, Glassharmonica & Cristal Baschet
Pauline HAAS, harpe, Caroline Ehret Ondes Martenot
Patrick HUSSON, sopraniste
François HAGENMULLER & Mathias ROMANG, percussions

avec la participation de
Johann Chevrier, William Doerr, Adèle Henry, Sylvain Kidzie, Victor Lambert, Annaëlle Pierron (percussions & verres musicaux), Tiavina Ratrema (piano),
Direction: François Hagenmuller

Mise en espace & création lumières Bruno Estrade & Ludovic Husser

Organisés dans le contexte de la Biennale internationale du verre, ces deux concerts seront entrée gratuite avec obligation de s’inscrire auprès du CRIS de Sarrebourg en précisant bien pour laquelle des deux séances (tel. 03.87.23.66.96)

Thomas bloch

Un événement, sa genèse et son contexte: la Biennale internationale du verre
Les verres musicaux, de Mozart à Thomas Bloch: quand l’aile de « l’ange du bizarre » frôle la musique ou la drôle d’histoire des verres musicaux

Un projet de la Ville de SARREBOURG
Présenté par l’Association des Concerts du Conservatoire de Sarrebourg
En partenariat avec l’association des Amis de Saint Ulrich,
une création partagée dans le cadre du week end de clôture de
CABANES 57, FESTIVAL DE MOSELLE

 

Un événement, sa genèse et son contexte    

Du 16 octobre 2015 au 9 janvier 2016 se déroulera à Strasbourg la Biennale Internationale du Verre, manifestation organisée par European Studio Glass Arts Association: rendez-vous incontournable des amateurs et collectionneurs d’art contemporain en Europe auquel la Ville de Sarrebourg ne pouvait manquer de s’associer en proposant aux mêmes dates des expositions, conférences, concerts… mettant en valeur des artistes contemporains locaux ainsi que la tradition verrière qui a fait la réputation de ce territoire et de cette région.

Cet événement qui ne pouvait, dans le domaine musical tout au moins, que renvoyer aux origines du Festival de Musique de Sarrebourg, ardent promoteur des musiques écrites pour les instruments de verre et de cristal par Mozart et nombre de ses contemporains et qui avait accueilli en avril 1990 le colloque Glass Music International à l’issue duquel avait été présentée en création mondiale l’oeuvre du jeune compositeur-interprète Thomas Bloch « Christ Hall » mêlant  verres musicaux et instruments plus récents également touchés par « l’ange du bizarre » (Cristal Baschet, synthétiseurs, samplers et ordinateur) à la voix rare d’un sopraniste autour du texte de Baudelaire « Abel et Caïn. Le succès avait été tel, que cette oeuvre avait été immédiatement enregistrée pour le label K617.

25 ans plus tard, Thomas Bloch n’est sans doute plus le « jeune compositeur inconnu » d’alors. Son parcours s’est enrichi de quelques collaborations autant diversifiées que prestigieuses. Pierre Boulez ou Myung-Whun Chung, Valery Gergiev (entre autres) d’un côté, Vanessa Paradis, Zazie, Jane Birkin, Maxime Le Forestier ou Daft Punk de l’autre. Mais lorsqu’il a été pressenti pour redonner une nouvelle vie à Christ Hall (l’oeuvre originale ayant été largement remaniées afin de permettre d’y intégrer les musiciens du CRIS de Sarrebourg) sa réponse a été aussi enthousiaste qu’imaginative, avec l’inscription au même programme d’une autre oeuvre plus récente (2009) intitulée Cold Song »: courte pièce où la voix de sopraniste, considérée comme un instrument est modifiée par un procédé électronique très léger ajoutant des couleurs inouïes à un tapis sonore tissé d’harmoniques et de percussions.

    Mais l’aspect sans doute le plus enthousiasmant de cet événement résidera dans la complicité musicale et humaine tissée au fil des séances de préparation et des répétitions entre ce personnage hors du commun qu’est Thomas Bloch, François Hagenmuller et Mathias Romang, les deux professeurs de percussion du CRIS de Sarrebourg, ainsi qu’avec leurs sept jeunes élèves (6 percussionnistes et 1 pianiste). La harpiste Pauline Haas et le sopraniste Patrick Husson (lequel de son côté aura fréquenté aussi bien l’Olympia que le cinéaste Claude Lelouch) seront également de la fête, et le public découvrira sans nul doute que la musique dite « contemporaine » peut être littéralement ensorceleuse.

Le décor n’y contribuera pas pour peu puisque toute une scénographie spatialisée et jouant sur des lumières subtiles a été conçue afin de faire du vitrail de Marc Chagall un personnage essentiel de ce spectacle.

LES VERRES MUSICAUX

Tout le monde a participé au moins une fois dans sa vie à ces repas de noce bien arrosés à la fin desquels, une fois les verres bien vidés, il y a toujours un petit malin pour passer un doigt sur leur rebord et en tirer des sons plus ou moins mélodieux. La pratique n’est pas nouvelle puisque dés le XVème siècle, dans sa Theorica Musicae publiée à Milan (1492), Gaffurius décrivit l’usage de vases utilisés comme instruments de musique, se réclamant de l’expérience pythagoricienne, faisant ainsi mention d’une tradition fort lointaine. Mais ce n’est réellement qu’au XVIIIème siècle, dans le contexte de l’évolution de l’instrumentarium que les « verres musicaux » vont se propager dans toute l’Europe, grâce surtout à Benjamin Franklin qui aura l’ingénieuse idée d’ordonner les verres, naguère posés sur une table, autour d’un axe actionnés par un système de rotation mû par une simple pédale; système rappelant fortement les anciennes machines à coudre. Et dés sa naissance, dans les années 1760, le nouvel instrument va susciter un véritable engouement parmi les compositeurs. Mozart, Haydn, plus tard Beethoven et tant d’autres, vont s’en emparer et lui consacrer des oeuvres. Et puis vers 1830, il va disparaitre complètement à un point tel que lorsqu’il écrira Lucia di Lammermoor en 1838, Gaetano Donizetti dédiera d’abord le célèbre Air de la folie à l’armonica de verre sans H selon Franklin) accompagnant la voix de soprano, avant de devoir y substituer une flûte, l’instrument ayant disparu… Ainsi que ses interprètes.

Les cinéphiles l’apercevront pourtant brièvement dans une scène du film Casanova de Fellini, joué par Bruno Hoffman qui en avait maintenu la tradition. Mais il faudra attendre les années 90 pour que renaisse l’instrument de Franklin sous l’impulsion du maître verrier Gerhardt Finkenbeiner, relayé en France puis dans le monde entier par Thomas Bloch, tandis que le Festival de Sarrebourg, à l’instigation d’Alain Pacquier et de Lionel Lissot (auxquels est dédié Christ Hall, devenait l’instigateur de la renaissance du Glassharmonica en France.

LES INTERPRÈTES

Thomas Bloch compositeur & interprète

Thomas Bloch (né à Colmar, France, en 1962) a 7 ans lorsqu’il compose ses premiers essais et lorsque son intérêt se porte vers des compositeurs contemporains (Penderecki, Xenakis, Boulez, Maxwell-Davies, Messiaen). C’est à ce moment qu’il découvre les ondes Martenot qui deviendront ensuite, dans sa carrière de concertiste, l’un de ses principaux instruments. A 12 ans, il se passionne pour John Cage avec qui il collaborera plus tard, Ravel, Prokofiev, Rachmaninov, Debussy (les « Etudes » pour piano), Schumann (la musique de chambre), Fauré, Satie, Bartok. A 17 ans, il commence à s’intéresser à la musique classique et au rock et continue à explorer divers univers sonores contemporains (Otte, La Monte Young, Riley, Glass, Kagel). Il étudie ensuite à l’université de Strasbourg et aux conservatoires de Colmar, de Strasbourg puis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (ondes Martenot, piano, musique de chambre, acoustique, harmonie, contrepoint, fugue...). Il suit les cours d’été de Darmstadt (Allemagne) où il croise Hespos, Feldman, Ferneyhough, Radulescu et Tom Johnson, qu’il assistera ensuite.

A l’issu de ses études au Conservatoire de Paris, la carrière de concertiste de Thomas Bloch, en tant que spécialiste des instruments rares (ondes Martenot, glass harmonica et cristal Baschet), prit de l’ampleur. Il est un interprète recherché dans des domaines variés (musique classique et contemporaine, opéra, improvisation, chanson, jazz, rock, théâtre, cinéma, ballet…). Les concerts et les enregistrements occupent désormais la majeure partie de son temps, mais la composition garde une place de choix dans son emploi du temps. Il écrit des musiques pour diverses formations, pour la scène, pour la danse, des spectacles et pour l’image.

Après avoir été un temps proche de l’avant-garde expérimentale, son orientation en tant que compositeur a évolué en même temps que grandissait son expérience, en tant qu’interprète, de musiques aussi bien savantes que populaires et au contact quotidien de publics très divers. Peu à peu, il privilégie dans ses oeuvres le plaisir auditif plutôt que purement théorique ou conceptuel, assumant le fait de succomber à la séduction qu’offre nos divers héritages musicaux.

Thomas Bloch a participé à plus de 3000 concerts dans 40 pays ainsi qu’à plus de 150 disques. Parmi ses haut faits, avoir donné à la Scala de Milan en toute première audition mondiale la version originale de Lucia di Lammermoor (Donizetti) ou encore avoir été le premier musicien à jouer intégralement en solo les Vexations d’Éric Satie, pièce pour piano d’une durée de 24h. Titulaire d'une Maîtrise en Musicologie de l'Université de Strasbourg, il est professeur d'ondes Martenot au Conservatoire et au Pôle Supérieur de Strasbourg, directeur artistique du Festival d'Evian et chargé de présentation au Musée de la Musique de Paris.

Pauline Haas  harpe

PAULINE HAAS est née en 1992. Très tôt attirée par les arts de la scène, elle choisit la harpe en 2000 et donne son premier récital trois ans plus tard. A 13 ans, elle remporte le 1er prix du Concours International Lily Laskine junior, ainsi que le Prix de la meilleure interprétation de l’œuvre contemporaine imposée, restant à ce jour la seule harpiste française à avoir obtenu cette récompense. La même année, elle donne son premier concert en soliste avec orchestre, dirigeant elle-même depuis le pupitre. En mars 2007, elle est admise première nommée au CNSMD de Paris et en ressort quatre ans plus tard avec un Master 2 mention très-bien. En 2012, elle est nommée dans la catégorie "Révélation Soliste Instrumental" aux Victoires de la Musique Classique. Elle donne 80 concerts par an dans le monde entier, en récital, en musique de chambre (notamment avec Thomas Bloch et Leandro Marziotte) et en soliste avec orchestre. Elle donne des masterclasses, collabore avec des compositeurs, mais elle s'engage également dans des projets humanitaires et tient à faire découvrir sa passion en jouant pour le jeune public (tournées JMF, écoles), dans les hôpitaux... Curieuse de tout, elle possède un vaste répertoire, arrange, improvise, compose, chante, joue diverses harpes et mélange les formes d'expressions en collaborant avec des comédiens et des plasticiens. Elle est soutenue par la Fondation Safran pour la Musique.

Patrick Husson  sopraniste

Né en 1960 à Colmar, il possède une voix proche de celle des castrats (Farinelli), un timbre de soprano masculin (ou sopraniste). Patrick Husson grandit paisiblement en Alsace où, tous les dimanches, il rejoignait la chorale de l’église d'Ammerschwihr, son village. Dès l'âge de douze ans, il prit conscience de sa voix peu ordinaire (ils ne sont qu'une quinzaine dans le monde) lorsque le chef de la chorale exigea que “la fille cachée au milieu des ténors se taise” ! Sorti du lycée agricole, il travailla en tant que jardinier à la Préfecture de Colmar tout en suivant une formation au Conservatoire de la ville, puis à la Schola Cantorum de Bâle. C’est en 1989 que Thomas Bloch, lui-même d'origine colmarienne, le découvrit par hasard, lorsqu'il demanda à la soprano (sic) qui répétait dans une salle voisine de la sienne, de chanter moins fort. Ce fut une révélation et le début d'une collaboration qui se poursuit encore aujourd'hui.

Quelques jours plus tard, il proposa à Patrick Husson d’enregistrer son premier disque pour le label K.617 ("Christ Hall") et de l’accompagner en concert aussi souvent que ses jardins lui en laisseraient le loisir. Il lui donnera aussi l’occasion de se produire à l’Olympia avec Arthur H et de participer à des reportages diffusés dans le cadre des journaux de 20 heures de plusieurs chaînes nationales qui auront un certain retentissement.

Dès lors, son talent est reconnu et diffusé. Les médias le surnomme le jardinier en référence à son métier. Patrick Husson participe à de nombreuses émissions télévisées (Envoyé Spécial lui consacre un reportage, Jean-Pierre Foucault et Michel Drucker l'invitent...) et donne des concerts un peu partout dans le monde. 

 Les pieds sur la terre mais la voix dans les étoiles, il ne se résout pas à abandonner ses chers jardins et continue à mener une double activité de chanteur et de jardinier. Claude Lelouch, séduit par le personnage et par sa voix, lui proposa un des principaux rôles dans son film Hommes, femmes, mode d’emploi, au coté de Bernard Tapie. Il en interprèta également la musique, née de la complicité qui s'établit avec le compositeur Francis Lai.

Si on a inventé les contes de fées, c’est pour des gens comme lui” disait Claude Lelouch de Patrick Husson. La dédicace du chanteur Renaud à l’occasion d’un concert commun, résume avec humour l’art de l’ancien jardinier : ”de Renaud, l’homme à la voix de carton, à Patrick, l’homme à la voix d’or”.

François Hagenmuller  percussionniste (professeur au CRIS de Sarrebourg)

Finaliste du Concours International de Percussion de Cannes, premier prix du Concours artistique d’Épinal, cofondateur avec Mathias Romang et Rémi Schwartz du trio de percussion Baka Trio, François Hagenmuller a, malgré son jeune âge (22 ans), multipliées les expériences musicales et les créations. Mais il consacre une part essentielle de son activité à la pédagogie musicale qui est sa passion. Professeur de percussion au Conservatoire de Sarrebourg, il participe également activement au programme « Jeunes Symphonistes mosellans » organisé par les « Rencontres de Saint Ulrich ».

Mathias Romang percussionniste (professeur au CRIS de Sarrebourg)

Après ses études au Conservatoire de Strasbourg où il fut notamment l’élève de Thomas Vandevenne puis d’Emmanuel Séjourné, Stefan Fougeroux et Denis Riedinger, Mathias Romang y obtint successivement les diplômes de musique de chambre et de percussion avec mentions très bien, tout en décrochant le Prix de la Ville de Strasbourg, décerné à l’élève le plus méritant de l’année.

Couronné par le Diplôme d’État de percussions au CEFEDEM de Lorraine, ce cursus de formation vit Mathias Romang invité à se joindre à nombre de grandes formations symphoniques parmi lesquelles l’Orchestre Symphonique & Lyrique de Nancy, l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège ou encore l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg.

Mathias Romang enseigne au Conservatoire de Sarrebourg depuis 2013 ainsi que, depuis cette année, au Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Nancy.

Chapelle des Cordeliers Sarrebourg