LA SELVA MORALE SPIRITUALE

Vepres 110        Traversees baroques3

CLAUDIO MONTEVERDI
SELVA MORALE E SPIRITUALE

 

FORÊT MORALE ET SPIRITUELLE

 

CHOEUR & ORCHESTRE DE L’ACADÉMIE D’ÉTÉ
L’atelier des Traversées Baroques

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Direction Étienne MEYER

 

C’est en 1640 (bien que l’épitre dédicatoire soit datée du 1er mai 1641) que sortit des presses de Bartolomeo Magni cet impressionnant recueil rassemblant pas moins de quarante opus, sous le titre général de Selva morale e spirituale (« Forêt morale et spirituelle ») que Claudio Monteverdi commença à rassembler dés 1639. Trente années se sont donc écoulées depuis l’explosion baroque des Vêpres à la Bienheureuse Vierge Marie, sans que l’on puisse en déduire pour autant que le maître de chapelle de San Marco de Venise soit resté inactif dans le domaine de la musique sacrée pendant toute cette longue période, du fait des nombreuses partitions perdues (ainsi le service funèbre à la mémoire du grand-duc Cosimo II Médicis en avril 1621). Mais de toute évidence, cette « forêt » représente de fait un legs capital de cet immense compositeur.

 

Cependant à la différence des Vêpres dont l’ordonnancement, quoiqu’alimentant toujours des querelles de musicologues, reste marqué par le signe de l’unité liturgique, cette « forêt » là est plantée aussi bien d’arbres majestueux, que d’autres plus secrets et c’est avec raison que le biographe de Monteverdi Roger Tellard écrivait à ce propos que « la Selva était une oeuvre à deux vitesses » avec des pièces concertation et d’autre purement a cappella ou en tous cas plus attachées aux vieilles règles de la tradition ecclésiastique. Il semble en fait que les raisons de ce dualisme tiennent autant à l’esprit du compositeur, qu’à de simples considérations pratiques ou liturgiques. L’esprit de Monteverdi, surtout sa prédilection pour ses poètes favoris apparait ainsi dés les premières pages avec trois madrigaux spirituels sur les textes italiens de Pétrarque et d’Angelo Grillo. Puis c’est le brusque retour à la tradition avec la messe à 4 voix écrite dans le plus pur stile antique complété il est vrai par le monumental et sublime Gloria a 7, fragment isolé d’une messe antérieure provenant peut-être de la liturgie d’action de grâce chantée en novembre 1631 pour saluer la fin de l’épidémie de peste qui ravagea la République. Et ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres de la liberté que s’accorde un compositeur au sommet de son art et qui, dans tous les cas, s’impose comme un grand interprète des textes, un exégète qui impose sa vision personnelle des prières, comme s’il voulait affirmer que la foi était toujours une aventure individuelle.

À ce titre, la Selva morale occupe une position essentielle de recueil-témoin dans l’évolution des répertoires ecclésiastiques au XVIIè siècle.

 

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