Edition 2017 : le programme

Le trentième anniversaire du Festival international de musique de Sarrebourg - du 7 au 16 juillet 2017

 

Vendredi 7 juillet à 20h30 - Salle des Fêtes

 

ENSEMBLE LATINITAS NOSTRA

Dir. Markellos Chryssicopoulos

« Nunc in pulvere dormiam » - « Bientôt je m’endormirai dans la poussière »

 

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Leçons de ténèbres françaises signées Couperin, Charpentier ou Delalande s’acoquinant avec la musique des bas-fonds urbains en Grèce au début du XXe siècle, d’une certaine manière le fado grec, une rencontre qui pourrait surprendre si ce genre musical populaire du Rebetiko, apparu dans les années 1920 n’avait pas de troublantes similitudes avec les textes des Lamentations de Jérémie. La  décadence et l’exil, la mort sont autant de points communs de fixation dans un esprit analogue de mélancolie. Ici, la jonction la plus caractéristique entre ces deux esthétiques est l’utilisation commune du mot « Aman » (Amen), exclamation grecque typique du Rebetiko qui signifie « hélas ». Et c’est avec les mêmes intonations que celles utilisées par Couperin pour évoquer la ruine de Jérusalem, que le Rebetiko chante la plainte d’une femme, fumant de la cocaïne et qui a tout perdu.

Ici, les instruments baroques se marient avec les instruments populaires et savants de cette porte de l’Orient qu’est la Grèce, kanun, ud, Yali-tanbur et bouzouki.

 

Samedi 8 juillet à 18h - Place du Marché 

 

RIGOLETTO

Opéra de rue pour fanfare et quatre chanteurs d’après Giuseppe Verdi

par la Compagnie LES GROOMS

Mise en scène : Pierre Guillois, sur une idée originale de Jacques Auffray

Arrangeurs : Antoine Rosset & Serge Serafini

 

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Photo : Joel Verhoustraeten

Avec la participation du chœur Musique / Pluriel (Chalon-sur-Saône), préparation Vincent Dumangin et de l’association théâtrale des Tréteaux de Sarrebourg.

 

Dimanche 9 juillet à 17h - Salle des Fêtes

 

ANIMA ETERNA BRUGGE

JOS VAN IMMERSEEL & SES AMIS

 

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Photo : Pressiana Petia

Camille Saint-Saëns (1835-1921)

Variations sur un thème de Beethoven op. 35 pour deux pianos

Francis Poulenc (1899-1963)

Sonate pour clarinette et piano 

Elégie en accords alternés - L'Embarquement pour Cythère

(piano à quatre mains)

Camille Saint-Saëns

Danse Macabre opus 40

(piano à quatre mains)

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Camille Saint-Saëns

Le Carnaval des Animaux

Deux pianos (Claire Chevallier & Jos van Immerseel), quatuor à cordes, contrebasse, flûte, clarinette (Lisa Shklyaver), xylophone, célesta.

Pianos : Erard, Paris, 1897 & 1904

 

Lundi 10 juillet à 19h45 - CinéSar

 

PROJECTION DE L’ENLÈVEMENT AU SÉRAIL

Opéra de Wolfgang Amadeus Mozart

Mise en scène : Giorgio Strehler & Mattia Testi

Orchestre de la Scala de Milan

Chef d’orchestre Zubin MEHTA

 

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© Oded Antman

 

Qu’est-ce qui nous touche le plus dans cet opéra trop mal connu ? Est-ce le génie plus que jamais affirmé de Mozart en proie ici à un optimisme radieux ? Est-ce Belmonte, ce jeune seigneur espagnol qui conduisit Constance, sa fiancée captive des barbaresques vers la liberté, menant également cet ouvrage vers le plus grand succès que connut Mozart de son vivant ? Quoiqu’il en soit une belle opportunité pour tous les festivaliers !

Une production de la Scala de Milan, présentée par le CinéSar en clôture de la saison 2016-2017 « Opéras & ballets ».

Durée 2h40 avec entractes.

 

Mercredi 12 juillet à 17h30 - Auditorium du Couvent de Saint Ulrich

 

MUSIQUE IBÉRIQUE SUR L’ORGUE ANDAHUAYLILLAS DU COUVENT

Concert orgue & cornet à bouquin

Les solistes des Traversées Baroques :

Frédéric Mayeur (orgue), Judith Pacquier (cornet à bouquin)

 

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Photo : Etienne Meyer

 

Mercredi 12 juillet à 20h30 - Église Saint Martin

 

L'ŒUVRE SACRÉE ET PROFANE DE PELHAM HUMPHREY

Par THE OXFORD VOICES

Dir. Edward Higginbottom

 

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PELHAM HUMPHREY (1647-1674)  est indiscutablement le compositeur qui a lancé le baroque musical dans les îles britanniques, au moins à Londres. 

Son style  fut fortement influencé par ses contemporains français car il fit ses études à Paris alors qu’il était tout jeune homme, à l’instigation du roi Charles II. En effet celui-ci, qui rentrait d’un exil de dix ans passé au sein de la  cour française, n’avait aucun doute : la formation d’un musicien complet exigeait un long séjour en compagnie de musiciens tel ceux entendus à Versailles : Lully, Lambert, Marais etc.

 

Jeudi 13 juillet à 11h - Auditorium du Couvent de Saint Ulrich

 

Salon de musique pendant la Révolution

autour d’Étienne Nicolas MÉHUL (1763-1817)

Coline DUTILLEUL (soprano), Aline ZYLBERAJCH (pianoforte)

 

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On ne connait que lui, ce MÉHUL né à Givet en 1763 et mort à Paris en 1817. Tout au moins pour son célèbre « Chant du départ » qui accompagna la période la plus agitée de Paris pendant la tourmente révolutionnaire.

Mais que sait-on d’autre des tous ces compositeurs dont les oeuvres naquirent dans les salons de musique de cette époque troublée, Jadin, Edelman et autres ? La commémoration du bicentenaire de la disparition de Méhul est un excellent prétexte pour les découvrir… à tête reposée.

 

Jeudi 13 juillet à 17h30 - Espace le Lorrain

 

LA RUE SANS TAMBOUR / Le joueur de flûte

Bruno Le Levreur, contre-ténor

COMPAGNIE A DEMI-MOT, Laurent Carudel

 

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Photo : Paul PASCAL

Lucas chante… le matin pour réveiller ses parents, au petit-déjeuner pour mettre l’ambiance, au déjeuner, au goûter, au dîner et aussi dans la voiture, dans les toilettes, quand il se brosse les dents, pour faire ses devoirs… Chanter remplit son corps d’une vibration très agréable qui lui donne de la force et de la confiance. Mais dans sa ville, il y a une rue… une rue où il est interdit de faire de la musique, où il est interdit de chanter…  une rue où 130 enfants ont disparu… c’est la rue sans tambour.

Autour de Laurent Carudel et du contre-ténor Bruno Le Levreur, la Compagnie A Demi-mot nous offre un spectacle décapant, à la (re)découverte d’un répertoire baroque d’une rare vivacité contemporaine. Plus qu’une adaptation de la célèbre légende du joueur de flûte de Hamelin.

 

Jeudi 13 juillet à 20h30 - Église Saint Martin

 

Didon, tragédie lyrique (1693) de Henry Desmarest (1661-1741)

Didon et Enée, opéra en trois actes (1689) de Henry Purcell (1659-1695)  

L’ACADÉMIE BAROQUE EUROPÉENNE D'AMBRONAY, dir. Paul Agnew

 

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Paul Agnew © CCR Ambronay - Bertrand Pichène

La 22e Académie baroque européenne d’Ambronay a été confiée à Paul Agnew qui en assure pour la première fois la direction musicale, la direction pédagogique et la mise en espace. Le chef associé des Arts Florissants a conçu pour l’occasion un très beau programme autour de la figure de Didon. Si vous aurez la chance de retrouver ce chef-d’œuvre de Henry Purcell en seconde partie de ce concert, vous découvrirez en première partie le sort qui est réservé à l’infortunée reine de Carthage par le compositeur français Henry Desmarest.

L’histoire d’amour entre la Reine de Carthage et le guerrier troyen a inspiré au plus célèbre des compositeurs anglais un chef-d’œuvre intemporel toujours joué sur les plus grandes scènes lyriques. Ses dimensions modestes (moins d’une heure) en font le terrain de jeu idéal pour un projet de formation de jeunes chanteurs. La musique en est de bout en bout splendide, de son ouverture « à la française » au lamento final de Didon (« When I am lead in earth »). D’une très grande variété musicale alternant constamment entre airs, ensembles, chœurs et danses instrumentales, c’est enfin un petit bijou théâtral qui permettra aux chanteurs de s’exprimer tant vocalement que scéniquement.

Production    European baroque academy logo  -   Coproduction    Ghislieri musica logo                Avec le soutien de l'  Institut francais logo

L'Académie baroque européenne d'Ambronay fait partie du programme eeemerging.

Eeemerging europe programme

 

Vendredi 14 juillet à 20h30 - Salle des Fêtes

 

« Berceuse de Guyanusa », Pauline Haas

« Christ Hall », Thomas Bloch (version symphonique)

« Danzón No. 2 », Arturo Márquez

« West Side Story », Léonard Bernstein (suite symphonique)

Pauline Haas, harpe

Patrick Husson, sopraniste

Thomas Bloch, ondes Martenot, synthétiseurs et verres musicaux

L’ORCHESTRE DES JEUNES SYMPHONISTES MOSELLANS, dir. Olivier Jansen

 

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Photo : Sandrine Barateig

Concert de clôture du Campus d’été

Présenté dans le cadre du Festival départemental « Kirby Super-Héros, Cabanes 2017 »

Coproduction Amis de Saint Ulrich - Union de Woippy avec le soutien du Conseil Départemental de la Moselle

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Samedi 15 juillet à 15h - Bibliothèque du Couvent de Saint Ulrich

 

Monteverdi & (le)Tasse au café… littéraire

Autour du Combat de Tancrède et Clorinde

En partenariat avec la Bibliothèque Municipale de Sarrebourg

 

Samedi 15 juillet à 20h30 - Église Saint Martin

 

LES MUSICIENS DE LÉOPOLD

Saverne et sa Chapelle musicale au XVIIe siècle

ENSEMBLE DULCIS MELODIA

Sarah Gendrot (soprano), Frédéric Schwab (haute-contre)

Hervé Ruehl (ténor), Sylvain Kuntz (baryton-basse)

Dir. Jean-François Haberer

 

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Photo : Jean Busché

Poursuivant son travail de redécouverte de la musique baroque rhénane, l’ensemble Dulcis Melodia s’attache ici à la vie musicale en Alsace entre 1615 et 1625 alors que l’évêque de Strasbourg, qui n’était autre que l’archiduc Léopold, frère de l’empereur d’Autriche Ferdinand, attachait un soin tout particulier au dynamisme de « sa chapelle ». Mais comme la cathédrale de Strasbourg était alors soumise au culte protestant, c’est à Saverne, siège de son évêché, que Léopold se montrera un ardent défenseur de la création musicale. C’est ainsi qu’il fera venir auprès de lui trois brillants compositeurs, tous issus de la Cour d’Autriche : Vincent Jelich, Bernardin Wolck et Reimundo Ballestra ; trois musiciens s’inscrivant parfaitement dans la tendance artistique de l’époque, plaçant l’Italie au sommet de la vie musicale à tel point, que deux d’entre eux (Ballestra et Jelich) passeront par Venise après avoir quitté Graz pour rejoindre leur protecteur à Saverne.

 

Dimanche 16 juillet à 17h - Église Saint Martin

 

PROJET SAN MARCO

Andrea & Giovanni Gabrieli / Giovanni Bassano

MOTETTI PER CONCERTI ECCLESIASTICI (Venise 1597-1599)

LES TRAVERSÉES BAROQUES

Dir. Étienne Meyer

 

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Photo : Juliette Pacquier

Du début du XVe siècle, lorsque la musique sacrée commença à se développer à la Basilique Saint Marc de Venise, jusqu’à l’apogée du XVIIIe siècle, ce lieu emblématique de l’Occident chrétien vit se succéder un nombre impressionnant de grands compositeurs dont émergent les noms des Gabrielli, Monteverdi et Cavalli. Mais beaucoup reste encore à faire dans ce domaine, et c’est pourquoi les « Rencontres Musicales de Saint Ulrich » ont décidé d’inviter l’ensemble des Traversées Baroques à une résidence de plusieurs années dédiée à l’exploration de ce très riche patrimoine.

« La fête consistait principalement en musique, laquelle était à la fois vocale et instrumentale, si bonne et délectable, si rare, si admirable, si excellente, qu’elle ravissait et stupéfia tous les étrangers qui n’avaient jamais rien entendu de tel. Je ne sais pas comment les autres en furent affectés, mais pour ma part, je puis dire que je fus pendant ce temps transporté avec Saint Paul au troisième ciel. Parfois, seize ou vingt hommes chantaient ensemble, avec leur maître ou leur chef qui les tenait en ordre. Et lorsqu’ils chantaient, les instrumentistes jouaient également. Tantôt seize d’entre eux jouaient ensemble de leurs instruments, seize saqueboutes, quatre cornets, deux violes de gambe, tantôt dix, six saqueboutes et quatre cornets ». 

Ces mots écrits en 1611 par l’anglais Thomas Coryat à la suite d’un voyage effectué en 1608 à Venise résument parfaitement l’émerveillement et la stupéfaction dans lesquels l’auditeur était plongé lors des grandes cérémonies religieuses à San Marco ou dans d’autres églises de la Sérénissime. La vie religieuse à Venise est alors florissante. En 1616, on compte 31 monastères d’hommes, 33 couvents de femmes et 70 paroisses, auxquelles il faut ajouter les 27 autres églises de la lagune ainsi que des chapelles et oratoires non recensés. Chaque quartier de Venise possède sa scuola grande, confraternité mêlant laïcs et ecclésiastiques, chacune ayant eu une influence décisive dans le développement des arts. La plus célèbre d’entre elles est sans nul doute la Scuola di San Marco, fondée dès 1403. On y chante chaque année une centaine de messes, 210 offices de vêpres, 7 matines et 6 complies. Les chantres doivent également participer à au moins 17 processions et 4 cérémonies d’exposition de reliques. La Capella di San Marco est fondée en 1491, s’y succèdent en tant que maîtres de chapelles des musiciens aussi prestigieux qu’Adrian Willaert, Cipriano de Rore ou Claudio Monteverdi. C’est une véritable institution : un Maestro di Capella, puis un vice-maître de chapelle, un premier organiste, un second organiste, des cantores maioris capellae (chanteurs professionnels), deux chefs de chœur, des instrumentistes, et enfin un poste de maestro de concerto, officialisé en 1616. 

Giovanni Bassano, maestro de concerto de la capella de San Marco à partir de 1601, est un musicien aux facettes multiples. C’est un cornettiste virtuose, un compositeur, un improvisateur… C’est à sa musique vocale que nous nous intéressons ici : composés en 1589 et 1590, ses deux recueils regroupent environ 50 pièces pour des effectifs variant de 5 à 12 voix. Il est précisé qu’il faut mêler les voix et les instruments. Giovanni Gabrieli, qui a très certainement écrit les parties instrumentales virtuoses de ses sonates pour Bassano et son cornet à bouquin, fait partie de la fête, ainsi que son oncle Andrea. Des chanteurs, des instruments et une combinaison infinie de couleurs musicales, comme le suggère si bien la citation émerveillée de Coryat… Une véritable fête pour les oreilles !

 

Vous trouverez prochainement les détails de chaque concert de cette 30e édition dans l’agenda à la catégorie Festival international de musique de Sarrebourg.