Historique

Le Festival international de musique de Sarrebourg

Le Festival international de musique de Sarrebourg est né en 1987 à la demande de Pierre Messmer, ancien Premier Ministre du Général de Gaulle et Maire de cette petite cité du Sud Mosellan qui fit alors appel à Alain Pacquier pour en assurer la direction artistique. Cette impulsion initiale devait ensuite être soutenue dans le temps par Alain Marty, successeur de Pierre Messmer, et qui assura pendant de longues années la présidence de ce festival.

D’abord dévolu aux répertoires nés dans ce qui était encore un « trou noir » sinon de la musicologie, du moins du répertoire présent en concert, à savoir toute la période charnière entre la fin de l’époque baroque et le romantisme naissant, la manifestation sarrebourgeoise évoluerait considérablement à partir de 1992, année commémorative de « la rencontre de deux mondes », en se consacrant plus spécifiquement aux patrimoines musicaux d’Amérique Latine qui étaient parallèlement en cours de découverte du fait du programme des « Chemins du Baroque dans le Nouveau Monde » mené également par Alain Pacquier, Lionel Lissot et Laurent Blaise. C’est alors que Sarrebourg devint en quelque sorte la « tête de pont » de l’Amérique latine musicale, voyant défiler les ensembles et solistes d’une douzaine de pays latinos, jusqu’à ce que le projet « Caminos » (une centaine de concerts et plus de 800 musiciens invités) viennent mettre un terme en 2011 à cette deuxième vie du festival.

Aujourd’hui, il faudrait parler d’une nouvelle période de synthèse. Sans avoir renoncé entièrement à ses escapades dans les nouveaux mondes inconnus, le Festival de Sarrebourg renoue non seulement avec l’Europe, mais de plus en plus avec les activités des jeunes musiciens amateurs locaux.

Mais une constante aura toujours été présente quelles qu’aient pu être les évolutions : celle d’avoir su révéler au public d’immenses artistes que les grandes institutions ne découvriraient que beaucoup plus tard généralement. Ainsi d’un Philippe Jarousky ou d'un Gabriel Garrido qui y firent leurs premiers pas (pour ne citer que ces exemples parmi tant d’autres), à côté de figures déjà plus emblématiques comme Gustav Leonhardt, Jean-Claude Malgoire, Paul Badura Skoda, Élisabeth Söderström, Edward Higginbottom etc.