Sondage du Républicain Lorrain : vos réactions

Sondage du Républicain Lorrain : l'heure du bilan - 27 juillet 2017

Le Festival de Sarrebourg est-il trop élitiste ? Non à 54 % (résultats au 27/07/2017) !

Objectif atteint. Grâce à vos votes devenus « francs et massifs » ces trois derniers jours, les initiateurs du funeste sondage lancé par le Républicain Lorrain se retrouvent dans la position de l’arroseur arrosé, ce qui n’est que justice. Nous vous proposons donc de conclure et de ne garder de cette aventure que les aspects les plus positifs. Et c’est à vous que nous les devons. Soyez-en vivement remerciés.

En effet, face à ce soupçon « d’élitisme », nombre d’entre vous se sont cabrés, exprimant leur désapprobation par des témoignages parfois polémiques, mais toujours pertinents à la fois sur la notion même « d’élite », ainsi que sur les initiatives de culture populaire (au sens noble du terme) de notre association. Il en résulte que vous venez d’écrire collectivement le plus beau Livre d’Or du Festival de Sarrebourg. Enfin, et au-delà de toute polémique, la Vox populi s’étant ainsi exprimée avec de solides arguments, peut-être aurons-nous quelque chance de voir se modifier le comportement de la rédaction locale du RL. Nous ne pouvons que le souhaiter et sommes ouverts à tout dialogue. Nous vous souhaitons un bel été, dans l’attente de revenir vers vous avec quelques surprises pour l’année 2018 !

Hugues Dalinot / Alain Pacquier

Le festival international de musique de Sarrebourg est-il trop élitiste ? - Vos réactions !

À l'attention de Mme Isabelle Féret :

Chère consœur,

Je comptais vous écrire au lendemain de la 30e édition du festival de Sarrebourg pour vous faire part de ma surprise devant la dégradation éditoriale du Républicain Lorrain telle que j'ai pu la constater à la lecture quotidienne de votre édition le temps du festival.

L'inanité du compte-rendu du concert donné le 12 juillet par le chœur anglais d'Oxford sous la direction d'Edward Higginbottom, d'où il ressortait essentiellement que votre correspondant n'avait noté aucune quinte de toux le temps du concert, m'avait particulièrement frappé.

Ayant moi-même pratiqué ce métier de journaliste à Sud Ouest durant quarante ans, je ne pouvais pas croire que votre journal soit tombé si bas. Par confraternité, et conscient des abysses vers lesquels nos locales ont généralement été entraînées depuis quelques années - je dirigeais voici peu les éditions de la Gironde de Sud Ouest -, je préférais néanmoins m'abstenir de tout commentaire.

Les tréfonds de stupidité atteint par votre « sondage » visant à déterminer « l'élitisme » supposé du festival créé par Alain Pacquier, dont tout professionnel sait combien la démarche est inverse depuis son premier festival à Saintes dans les années 70, m'obligent à sortir de cette réserve. Non pour argumenter, faute d'interlocuteur... Mais pour témoigner à cet infatigable révélateur de talents qu'est Alain Pacquier - auquel je transmets ce mail en copie - mon soutien, mon respect et le sentiment de profonde injustice devant votre pitoyable traitement de l'information. On peut manquer de talent, manquer de moyens, manquer de force d'âme pour résister aux sirènes du journalisme populiste qui tend à submerger beaucoup de rédactions, notamment sur le web... Tout cela fait partie de l'ordre des choses. En revanche, vous ne pouvez vous prétendre journaliste et vous livrer au contresens caractérisé par l'intitulé de votre « sondage ». Cela confine à la désinformation.

J'ai encore assez de respect pour ce métier et notamment pour ses localiers, pour espérer susciter en vous ne serait-ce qu'un léger doute.

Bien à vous,

Dominique de Laage

À l'attention de Mme Isabelle Féret :

Madame,

Abonnée depuis longtemps au R.L. -édition de Forbach-, je consulte régulièrement celle de Sarrebourg au moment du Festival International de Musique. Ayant déploré une nouvelle fois la rareté voire l’indigence des articles concernant la programmation 2017, j’ai été saisie d’étonnement par le sondage que vous venez de réaliser. Sans doute n’avez-vous guère fréquenté les concerts et autres événements proposés cette année par Les Rencontres Musicales, sans doute ignorez-vous les actions menées depuis trente ans, la question de l’élitisme que vous posez dans vos colonnes ne trouve pas d’autre explication…

Le festival, vous vous en doutez bien – j’ose le croire du moins ! – n’est que la partie visible de l’iceberg, le fruit d’une année de travail, comme cela est le cas depuis trois décennies, travail dont il convient de rappeler les démarches diverses et variées.

Pour ce faire, permettez-moi de vous livrer mon humble témoignage :

- Enseignante de Lettres à Forbach, ville du bassin houiller à la situation difficile, j’ai placé toute mon énergie et mon enthousiasme au service des lycéens qui m'étaient confiés – en grande partie d’origine modeste – afin de leur ouvrir des portes dont ils ne soupçonnaient pas même l’existence : aucun élitisme dans cette démarche !

- Il y a vingt ans, ma route a croisé celle du festival de Sarrebourg. Ma famille d’origine ouvrière et paysanne m’a certes permis d’accéder au professorat mais non à la musique baroque. C’est la programmation des Chemins du Baroque qui m’a appris, petit à petit, à cheminer dans ce monde sonore, à la fois étonnant et merveilleux : point d’élitisme dans cette découverte, seulement la rencontre d’une équipe œuvrant constamment au plaisir du partage, partage d’une musique accessible à tous, tant par le contenu que par les tarifs. Connaissez-vous ces tarifs ? Parlons-nous alors d’élitisme ?...

- Pour en revenir à mon expérience sur le terrain, il devenait naturel voire nécessaire de faire connaître les activités des Chemins du Baroque à mes élèves, activités qui illustraient à la perfection le thème de l’altérité en littérature et celui du courant baroque inscrits au programme des lycées. La découverte du Couvent et de ses multiples activités, la rencontre de l’équipe dynamique que formaient Alain Pacquier et Lionel Lissot, le choc de la musique baroque («  ouah ! elle est super, cette musique, elle est trop, madame ! ») ont mené des adolescents de 15 ans vers la constitution d’une chorale qui les a conduits au Paraguay ! Prenez le temps de visionner un petit montage « La Providence avant après » dont voici le lien - il est très court.

Regardez les visages de ces jeunes dans la vidéo « avant » : ils prennent d’assaut l’auditorium, peuple braillard d’adolescents de 15 ans, ils viennent d’entrer en Seconde. Regardez-les deux ans plus tard, dans la vidéo « après », ils viennent d’entrer en Terminale et chantent dans la plus belle église baroque du Paraguay, dirigés par Gabriel Garrido, le chef mythique que l’on ne présente plus : élitisme avez-vous dit ?... Les étoiles allumées dans leur regard par l’équipe du Couvent sont éloquentes : elles disent la richesse d’un monde auquel ils ont eu accès grâce à la volonté d’adultes qui croient, envers et contre tout, aux possibilités infinies de l’être humain à franchir des portes jugées un peu trop hâtivement inaccessibles. L’élitisme devient alors une notion impudique.

- Ma modeste expérience ne doit aucunement occulter tous les autres efforts réalisés depuis toujours auprès des jeunes Sarrebourgeois (voyage en Amérique latine des élèves du CRIS, fabrication d’une copie de l’orgue d’Andahuaylillas par les lycéens de Labroise, etc., etc.) mais aussi depuis trois ans auprès de jeunes musiciens venus de tout le département, constituant cet orchestre de symphonistes prometteurs. Vous êtes-vous intéressée à leur origine sociale ?… La notion d’élitisme est alors, non seulement impudique mais également déplacée…

- Sous la houlette d’un président enthousiaste et d’un directeur artistique infatigable, le conseil d’administration des Rencontres Musicales auquel j’ai l’honneur d’appartenir mène tout au long de l’année une réflexion de fond sur les actions à entreprendre, les artistes à inviter, le festival à préparer. C’est cette réflexion qui m’a permis, par exemple, de mener, le 13 juillet dernier, un groupe de 58 personnes assister au festival. Originaires de Spicheren et des environs de Forbach, trente-cinq d’entre elles ne fréquentent guère les salles de concert, ne connaissent pas la musique : elles se sont déplacées pour la troisième année consécutive, sont revenues enchantées, attendent 2018 afin de revivre à nouveau cette belle expérience. « Ce festival est-il trop élitiste ? »…

Vous l’aurez compris, cette question parue dans vos colonnes est une question rhétorique contenant nécessairement la réponse, surtout lorsqu’elle s’adresse à des lecteurs qui ne fréquentent pas le festival… de rhétorique elle devient également suspecte car elle interroge les motivations du journal…

Les Rencontres Musicales méritent un autre traitement et si vous acceptiez de poser un regard différent sur cette structure, vous mettriez tout en œuvre pour la valoriser, rappelant à vos lecteurs la richesse culturelle inouïe qui illumine par sa présence tout le pays de Sarrebourg.

En espérant vous rencontrer un jour lors d’un concert, soyez assurée, Madame, de mes sentiments musicaux les meilleurs,

Eliane Fogelgesang

À l'attention de Madame Isabelle Féret , Chef de la Rédaction de Sarrebourg du Républicain Lorrain

Chère Isabelle Féret,

« Le festival international de musique de Sarrebourg est-il trop élitiste ? »

Lancée à la cantonade, comme une question sur « le prix des parkings est-il trop élevé ? » ou sur « les passages des éboueurs dans votre quartier sont-ils suffisants », cette question me paraît déplacée et accablante ; déplacée car oui, la culture est toujours un peu élitiste dans la mesure où elle demande effectivement un effort d'ouverture et de compréhension de l'autre ; accablante car cette question induit déjà la réponse, et par son insinuation sous-jacente appelle à la condamnation : dans ces temps de populisme triomphant et de réussite au bac à près de 90% , le soupçon d' « élitisme » est un poison mortel, vous ne pouvez l'ignorer.
Et pourtant non ! ne vous en déplaise , le Festival international de musique de Sarrebourg n'est pas plus élitiste que ne l'est le feu d'artifice.

1°) Par son existence même à Sarrebourg , il constitue un opération de décentralisation (entendez d'accessibilité) culturelle ambitieuse, originale, de haut niveau , rarissime sur un territoire aussi enclavé que celui de Sarrebourg , où les villes où il se passe quelque chose sur le plan culturel sont à 60 km minimum, le chef-lieu du département mosellan n'étant distant que de 100 km il est vrai. Bach, Monteverdi, Purcell, Marin-Marais et tant d'autres génies qui font courir sous d'autres cieux, servis ici à votre porte, voilà déjà un bel exemple d'anti-élitisme géographique.

2°) L'élitisme est-il alors celui de ces 80 jeunes musiciens, soutenus par leur famille de condition souvent modeste, et qui le temps d'une semaine de Festival, se consacrent avec enthousiasme à leur passion pour la musique, en montant un concert de toutes pièces, et en rencontrant les artistes de haut niveau invités ? Est-il élitiste de les placer au cœur du Festival ?

3°) L'organisation pratico-pratique du Festival repose entièrement sur une bonne dizaine de bénévoles fidèles, déterminés, qui n'ont aucune vélléité d' « élitisme », dont le visage avenant est connu de tous, et dont la seule ambition est de bien accueillir le public, dans les meilleures conditions de courtoisie et de convivialité.

4°) Diriez-vous alors qu'avec ses tarifs de 10 à 20 euros, ses séances gratuites et ses conditions de réduction très favorables aux personnes aux faibles ressources, le Festival est plus élitiste que les matchs nationaux ou internationaux de football, ou qu'un concert à l'Arsenal, au Galaxie, au Rockal, dont les coûts dépassent généralement les 30 euros, voire les 50 euros. Pourtant vous ne dites pas que les amateurs de Johnny ou de Bob Dylan qui paient 75 euros la place pour entendre leur idole constituent une « élite ».

Si l'on pousse cette logique économique, je ne vois guère que le feu d'artifice qui soit  moins élitiste. Mais pourtant qui paie le feu d'artifice ?

La qualification d' « élitisme » renvoie de toute évidence à la qualité, au niveau de compétence ou à l'incompétence de celui qui la prononce, c'est donc une qualification on ne peut plus relative et discutable. Force est de constater qu'aujourd'hui Le Républicain Lorrain ne dispose plus des lumières d'un critique musical chevronné. Je pense ici à votre regretté collègue Georges Masson ( parti en retraite en 2015, à l'âge de 85ans !) qui par ses articles enflammés, parfois durs, mais toujours justes, savait éclairer et mobiliser les lecteurs et rendre justice aux artistes. Faute de pouvoir ou de savoir donner des interprétations, d'argumenter une évaluation, un sentiment, l'échotier est condamné à l'anecdotique. Ce n'est plus de la culture, c'est du « fait divers ». Plus que jamais, par leur  capacité d'informer, de transmettre, et donc de former l'opinion, d’élever le débat, les journalistes ont la noble mission d'être des remparts contre l'inculture et le populisme ambiants. Aussi il me paraîtrait tout à fait louable que  le talent, la grande finesse et l'ouverture d'esprit que nous vous connaissons puissent rendre encore plus populaire cette belle manifestation de culture et de lien social que constitue le Festival international de musique de Sarrebourg, qui comme toute œuvre de l' esprit et de la sensibilité est une œuvre fragile.

Je vous assure de mon amitié sincère,

Daniel Flageul, bénévole, adhérent de l'Association des Amis de Saint-Ulrich

Chère Isabelle Féret,

Je ne me souviens pas avoir eu le plaisir de vous croiser souvent mais je sais que nous avons partagé la même fidélité pour le RL. Ça m'ennuie de vous le dire, mais je suis choqué. Comment faire comprendre à vos lecteurs, qui furent les miens, l'étonnement que je ressens à ce surprenant sondage sur le Festival de Sarrebourg. Je compte sur vous, très confraternellement. JG.

J'ai fréquenté avec passion le Festival dès son début, et n'en ai jamais rien raté. D'accord, le goût des musiques anciennes n'est pas indispensable pour vivre, encore qu'on puisse aimer, sans trahir l'un ou l'autre, une flammekuche bien cuite et un clavecin bien temperé. Mais ce qualificatif d'élitaire que le sondage accorde au festival me semble primaire, démagogique, et bien dans la bouillie populiste de l'époque.

Elitaire, le festival ? Vous plaisantez. Il est connu de tous les musiciens et m'a permis d'aimer, je suis loin d'être le seul, le charme pépère de votre ville, la somptuosité de l'église de Hoff, l'élégante austérité de votre Temple, les mini-concerts sous le vitrail de Chagall, et d'autres moments de partage émerveillé autour du Couvent de Saint-Ulrich ou du Musée. Des moments sans lesquels je n'aurais jamais eu l'occasion de rencontrer des citadins ouverts, visiblement ravis de voir du passage. Et celle de découvrir des êtres exceptionnels comme Charles Demesse, curé de Hommert, tout rayonnant d'humour dans sa petite église, ou de grande pudeur comme Robert Schoeser, expliquant au collègue auvergnat qui débarque ses blessures d'incorporé.

Il est vrai que les fidèles du festival se sont souvent étonnés de la réserve que semblait montrer une partie de la société sarrebourgeoise, alors que le nom de la ville figure à jamais dans les tablettes d'une demi-douzaine d'ambassades sud-américaines. Sincèrement désolés par ce regard incompréhensible, nous avions fini par penser qu'il exprimait un complexe d'infériorité... Et nous le respections, faute de mieux.

Mais retourner le dit complexe comme une chaussette pour parler d'élitisme au Festival, ça ne passe pas. Sachant à quel point, depuis des années, l'équipe d'Alain Pacquier s'est défoncée pour toucher son monde, je trouve ce sondage d'une inconscience cruelle.

Jacques Gandebeuf - Ancien grand reporter et éditorialiste au RL de 1966 à 1993

À l'attention de Mme Isabelle Féret :

Madame, 

Je me permets de vous écrire ce courriel suite au sondage dans votre journal portant sur les Rencontres Musicales de Saint-Ulrich qui se sont terminées le 16 juillet.

Pourquoi poser la question de l'élitisme, du coup supposé, du festival de musique de Sarrebourg ? Vous affichez une petite majorité de réponses « oui » ; que signifie cette réponse majoritaire ? Que les lecteurs et internautes de votre journal/site, qui ont répondu ainsi, ne se sentent pas concernés par cette manifestation.

Je me plais à penser que votre enquête a pour but d'expliquer en quoi le festival n'est en rien élitiste. Il est éclectique du point de vue des époques et original du point de vue de la programmation et d'une majorité d’œuvres jouées. Il est également pédagogique comme le sont aujourd'hui bien des rencontres musicales organisées en France. Il ne vise pas l'entre-soi, mais le « faire découvrir ».

Bien qu'aujourd'hui universitaire (statut que certains assimile à une élite...), je ne suis pas sorti tout armé du crâne de Zeus. Sans exagérer non plus le caractère modeste de mes origines, je ne suis pas le fils de parents qui auraient pu être comptés parmi les classes aisées. Ce sont les efforts de mes parents, de mes frères et de l'école qui m'ont appris à ne pas avoir peur de découvrir et d'aimer. C'est ainsi qu'est née ma passion pour la musique baroque et le souci toujours vivace de découvrir aussi d'autres terres musicales. Je n'ai pas fait d'études musicales ou musicologiques, je ne connais pas sans doute tous les us et coutumes des musiciens et des musicologues, mais je ne me sens pas « étranger », infériorisé, dans un concert ou une représentation, la musique, le chant et la mise en scène sachant très bien trouver les chemins de ma sensibilité. Je mesure ainsi la chance que j'ai eue, et que j'ai encore, d'avoir trouvé sur ma route des rencontres musicales comme celles de Sarrebourg qui loin de me faire sentir l’incongruité de ma présence, m'ont accueilli et guidé vers d'autres découvertes.

Salutations respectueuses et musicales,

Laurent Lamoine, Clermont-Ferrand

À l'attention des membres et amis de Dulcis Melodia :

‌Chers membres et amis de Dulcis Melodia,

alors que Dulcis Melodia vient de participer au 30e Festival International de Musique de Sarrebourg, nous avons été interpellés par un message émanant de MM. Hugues Dalinot et Alain Pacquier (respectivement président et directeur artistique de l'association des Amis de St Ulrich, organisatrice de cet événement). Ce message est préoccupant, non pas qu'un sondage sur l'élitisme ou le non-élitisme d'un festival puisse en soi avoir une portée médiatique importante, mais, lorsqu'on pense aux difficultés que représente à l'heure actuelle le financement d'une telle opération, vous n'aurez pas de mal à imaginer quel poids ce type de triste initiative pourra avoir lors des arbitrages pour la réalisation des prochaines éditions...

La culture ne peut pas se résumer à un choix triparti « élitiste - non élitiste - sans avis », cela dit je voudrais vous engager à abonder dans la deuxième catégorie afin que ce sondage fasse au moins figure de « coup d'épée dans l'eau », sinon de propulseur pour la réalisation de l'édition 2018...
Enfin - et peut-être cela vous encouragera à agir ! - on ne peut être que choqué d'une telle entreprise de la part d'un média dont le rôle devrait plutôt être d'encourager la réalisation de telles manifestations - notamment en soutenant le travail des bénévoles mobilisés - que d'en entraver le bon déroulement.

Merci pour ce que vous ferez pour nos amis de Sarrebourg !

Bien cordialement,

Jean-François Haberer - Direction - Ensemble de musique ancienne Dulcis Melodia

À l'attention de Mme Isabelle Féret :

Madame,

J'ai assisté avec grand plaisir, il y a quelques jours, à trois concerts donnés à Sarrebourg dans le cadre du Festival de St Ulrich. Les nouvelles vont vite de nos jours, et j'apprends donc avec tristesse que votre journal, a priori honorable, flirte avec une démagogie très politiquement correcte en suggérant que ce festival pourrait être élitiste.

Ma première réaction sera donc de vous dire oui, il l'est !! Le Larousse définit ce concept comme « la sélection des meilleurs » ; aussi vous souhaiterai-je que votre prochain voyage, ou une éventuelle opération, soient pris en charge par un pilote ou un chirurgien élitiste.

Cela dit, j'adopte un instant l'acception péjorative de ce mot instillée par votre sondage. Je me souviens alors avoir lu sur le net, en particulier YouTube, des commentaires et vidéos dénonçant la main mise des Illuminati sur le monde, le bagne d'enfants sur Mars, le trucage d'Apollo 11, celui du 11 septembre.... Or votre journal ne mentionne aucunement ces choses, de sorte qu'à mon tour je pourrais le qualifier d'affreusement élitiste. Vous, les journalistes, êtes obligés aujourd'hui de défendre une information de qualité se démarquant du n'importe quoi sévissant un peu partout. Mais quand d'autres, dans leur domaine, mettent toute leur énegie à faire de même, alors là, subitement, vous changez de camp !!

Pourquoi s'abaisser à utiliser ce procédé facile consistant à confondre, en toute connaissance de cause, élitisme artistique et élitisme social ?
Les bibliothécaires, et les organisateurs de stages et de festivals de musique, savent que les lecteurs et auditeurs constituent un échantillon social beaucoup moins « typé » que ce que vous tentez de suggérer. Ou, plus exactement, faites semblant de croire pour donner à lire ce qu'un maximum de lecteurs a peut-être envie d'entendre.

Pour achever de vous confondre, je vous renvoie à la liste des ensembles invités dont certains sont mondialement connus, et à voir les tarifs extraordinairement bas qui démentent totalement l'accusation d'élitisme au sens économique du terme. À comparer avec les prix demandés pour les étoiles filantes promues à longueur de journée par les médias.

Je vous invite enfin à méditer la ligne directrice du beau journaliste qu'était Jacques Chancel - estimé d'un large public ! - à savoir : « Ne pas donner aux gens ce qu'ils aiment, mais ce qu'ils pourraient aimer» ! 

Cordialement,

Alain Naigeon

Actuellement quand on veut être libre et sortir des sentiers battus, on est très vite catalogué. Pour ne pas faire de vagues, il faut boire du coca, manger du Nutella, écouter et regarder TF1... Des jeux et du pain !!!!

Il ne faudrait surtout pas que notre cervelle se mette à pousser...

Et si découvrir de nouveaux horizons musicaux, partager et créer avec d'autres jeunes musiciens colombiens c'est élitiste... Alors vous n'avez pas compris.... L'engagement du cœur, de l'esprit... Des bénévoles, des artistes, de tous ces Jeunes Symphonistes...

L'année prochaine, venez goûter à la chaleur de cette ambiance.
Je suis maman de jumelles qui viennent à Sarrebourg depuis maintenant près de 5 ans.... Et elles ont un plaisir intense à participer à ce festival... Du coup tout naturellement et grâce à Alain Pacquier, je suis maintenant bénévole et adhérente de l'Association des Amis de Saint Ulrich... Et tellement fière de tout ce travail accompli.
Une dernière chose, je me déplace de Metz régulièrement pour venir préparer, discuter, des projets de l'Association... Et je la soutiens plus que jamais pour ce qu'elle fait, ce qu'elle est et ce qu'elle donne à entendre....

Mille mercis Alain et Hugues et grand bravo !

Christel EINSETLER, bénévole et adhérente de l'Association des Amis de Saint Ulrich

À l'attention de Mme Isabelle Féret :

Madame,
 
« Tout le monde n’écoute pas forcément du baroque » dites-vous en parlant du dernier Festival de Sarrebourg. 

Je vous répondrai que tout le monde ne se passionne pas forcément pour le foot, qui pourtant remplit des pages, la pêche à la truite, la fête de la mirabelle ou la brocante de Bécon-les-Bruyères. Mais au moins là, me direz-vous, les gens savent de quoi on parle ! Les journalistes aussi, sans trop d’efforts d'ailleurs.

Par contre, s’agissant du « baroque », ils ont du pain sur la planche ! Car le traitement, ou plutôt le non-traitement, réservé par votre journal au dernier Festival de Sarrebourg est pour moi révélateur d’une indifférence coupable que seul un inquiétant manque de culture peut expliquer. Je ferai tout d’abord remarquer que, sur la douzaine de manifestations proposées par le Festival, seules 5 ou 6 relevaient de l’étiquette « musique baroque ». Quid du rebétiko grec, de compositeurs comme Saint-Saëns, Verdi, Poulenc, Leonard Bernstein ? Un simple dictionnaire aurait permis de ne pas leur accoler l’étiquette «baroque» ; mais encore aurait-il fallu lire vraiment le programme et prendre le temps de le comprendre. Et je ne parle pas de l’opéra de rue, de la projection de film. On ne peut qu’être consterné.

Et aussi révolté quand on constate le peu de cas qui est fait du travail pédagogique réalisé tout au long de l’année auprès des jeunes musiciens, conduisant à l'implication active des Jeunes Symphonistes mosellans dans ce Festival. Peut-être leurs parents ne comptent-ils pas parmi vos lecteurs …

Pour moi, le rôle d' un journal régional digne de ce nom est d’avoir l’esprit ouvert, de favoriser la recherche du beau en suscitant la curiosité, et de rendre compte de tout ce qui peut enrichir, élever l’esprit et le coeur. Il est très, trop, facile de se dédouaner par un « référendum » ( quel intérêt ?), et de parler d’élitisme quand on ne fait pas l’effort de la découverte.

Venant exprès de Strasbourg, j’ai assisté cette année à 3 concerts absolument magnifiques, d’un niveau remarquable, et je peux vous assurer que le très jeune public qui assistait au dernier a été saisi d’une vraie émotion et qu’on aurait entendu une mouche voler dans l’église de Hoff. Ce sont certainement les mêmes qui, à l’occasion, se passionnent pour un match de foot ou pianotent sur leur smartphone. Et c’est tant mieux !

La musique est un langage universel pour peu qu’on veuille se donner la peine d’oublier les a priori, les étiquettes réductrices ou politiquement correctes.

Cordialement,

Christiane Hamel