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Festival International de Musique de Sarrebourg

Mercredi 10 juillet à 20h30, Salle des fêtes de Sarrebourg

LÉGER AU FRONT

          

Leger 2      Leger au front 2008bis
     


 

Mise en scène : JACQUES GAMBLIN  Gamblin 1 - Acteur : OLIVIER BALAZUC Balazuc - Sculpteur : PATRICE ALEXANDRE Alexandre 1

Avec la participation de l’ensemble instrumental « Les Inimaginaires »
Isabelle Cornélis percussions   Olivier Voisin trompette   Jérémy Bourré violoncelle

Un spectacle du sculpteur Patrice Alexandre, du compositeur David Chaillou et de l’acteur Jacques Gamblin. Cette performance théâtrale est conçue à partir des lettres écrites entre 1914 et 1917 par le peintre Fernand Léger alors qu’il était au front. Au fil des lettres, l’acteur-lecteur se transforme sous les doigts du sculpteur en une statue vivante de boue. La musique accompagne cette métamorphos,
Le spectacle Léger au front retrace la Première Guerre mondiale telle que la vécut Fernand Léger, soldat du génie puis brancardier, pendant presque quatre ans. Envoyé sur le Front, alors qu’il pensait pouvoir rejoindre la section de camouflage des Armées, le peintre Fernand Léger va faire de 1914 à 1917 l’expérience douloureuse de la guerre en direct. Le 24 octobre 1916, il participera avec sa compagnie à la reprise du fort de Douaumont.
Pendant que le Cubisme, dont il est l’un des pionniers, est utilisé par les camoufleurs pour tromper l’ennemi, et que les artistes de sa génération ont presque tous intégré cette section, Léger, lui, a les pieds dans la boue et marche sur des débris humains. Ce spectacle est un témoignage irremplaçable de la vie des Poilus. Il révèle en outre la sensibilité d’un peinte qui, dans les pires moments, n’abandonne pas son engagement d’artiste.

Alexandre, Chaillou et Balazuc se retrouvent pour faire vivre par la parole, la musique et la terre modelée un certain nombre de ces lettres choisies dans la correspondance de Léger à Louis Poughon, ami du peintre et homme politique influent. Celles-ci sont lues par Olivier Balazuc qui incarne Fernand Léger. La musique l’accompagne : trompette, percussions et violoncelle impriment le rythme et dialoguent avec le texte. Reprenant des chants populaires, les bruits que Léger entend, supporte dans la forêt d’Argonne et à Verdun, la musique exprime le chant profond du désespoir.

Dans le même temps l’acteur subit l’épreuve de la matière. Au fil de la lecture, le sculpteur entame un autre dialogue avec les mots, en rythmant l’action à sa manière, par des gestes violents ou plus construits qui vont faire de l’acteur une sculpture vivante, un monument.

Léger, après la Grande Guerre, souhaitait développer l’idée d’un art total où se mêleraient les différents champs artistiques dans le même espace-temps. Son message ne sera que partiellement réalisé. Aujourd’hui Léger au front tente de reprendre ce désir en entamant un dialogue improbable avec l’un des pionniers de l’art moderne.

Ainsi Léger au front nous permet de suivre la vie du peintre Fernand Léger durant la Grande guerre, depuis le départ la fleur au fusil jusqu’à la réalité de la tranchée. Léger participe de 1914 à 1917 aux combats dans la Marne, en Argonne et à Verdun. Il est ensuite gazé et réformé. Ces lettres à Poughon sont un témoignage irremplaçable du quotidien des Poilus et de l’évolution du regard de l’artiste. Tout au long de sa correspondance, Léger conserve sa vision de peintre dont l’attirance pour l’abstraction trouve, devant les paysages dévastés par la guerre, matière à imaginaire. Profitant des répits des permissions, il ne cesse de peindre avant de retrouver le front. Devant Verdun détruit, il écrira : « Il n’y a qu’à copier ».

Léger au Front est un spectacle total convoquant trois modes d’expression, la littérature, la sculpture et la musique. Le texte de Fernand Léger est mis en relief par une idée dramaturgique saisissante : la transformation sous nos yeux d’un homme libre et vivant en un être peu à peu englouti par la terre, une statue de boue, un monument aux morts.

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Jeudi 11 juillet à 20h30, Salle des Fêtes de Sarrebourg

EUPHONIA  La Cité musicale du futur selon Berlioz

La mort d’Ophélie, la Damnation de Faust, les Troyens, la Symphonie fantastique et Romeo et Juliette éclairés par des textes de Berlioz et un texte original de Pierre Senges

Laura Holm soprano - Thomas Bloch cristal Bachet, ondes Martenot -  Yves Rechsteiner harmonium - Arnaud Marzorati narrateur & direction artistique.

Faut-il avoir peur d’Euphonia, la Cité idéale de la musique ?
Euphonia, nous dit Berlioz, « est une petite ville de douze mille âmes. On peut la considérer comme un vaste conservatoire de musique, puisque la pratique de cet art est l’objet unique des travaux de ses habitants. Tous les Euphoniens, hommes, femmes et enfants, s’occupent exclusivement de chanter, de jouer des instruments, et de ce qui se rapporte directement à l’art musical.
Euphonia est gouvernée militairement et soumise à un régime despotique. De là, l’ordre parfait qui règne dans les études, et les résultats merveilleux que l’art en a obtenus… »
Délire, fantasme ou rêve ? Euphonia n’est pas, Euphonia ne doit pas être cette Cité despotique. Euphonia peut pourtant devenir la grande maladie de « l’exigence et de l’utopie » ! La perfection, l’idéal peuvent à nouveau mettre « l’énergie humaine» sous les bottes de la dictature. Régime totalitaire musical, chemises noires de l’harmonie… Par bonheur, grâce aux textes ludiques et aériens de Berlioz et à ses personnages fictifs, Shetland et  Xilef, une résistance s’installe ; les musiciens de l’ombre résistent contre la fausse lumière.
Les odieux ne passeront plus ! L’équarrisseur de la musique, Charles de Maurescot, ou le massacreur Castil-Blaze n’offriront plus leurs partitions infâmes ; les horribles chanteurs, payés à la note ou « hurleurs de décibels », dont Berlioz taira les noms,  n’officieront plus dans les temples de l’ordure. Le général Hector révèlera les consciences des bons et honorables musiciens.Et c’est dans un concert étonnant, aux variations euphoniennes qu’œuvreront des musiciens rêvés par Hector Berlioz, lui-même. 

Les Lunaisiens
Direction Arnaud Marzorati
Faire chanter la mémoire : avec ses Lunaisiens, Arnaud Marzorati propose au public de (re)découvrir la chanson française, de ses origines au XXe siècle. En explorant ce répertoire, trop souvent oublié dans les bibliothèques, ce baryton passionné de littérature remet au goût du jour les premières chansons à textes de l’histoire. Des œuvres qui sont autant de témoignages précieux du passé, de l’aventure humaine et de la musicalité foisonnante propre à chaque époque.
À travers ce patrimoine vocal populaire et en choisissant de sortir des formats de concerts traditionnels, c’est bien l’histoire et la littérature que Les Lunaisiens transmettent dans leurs spectacles depuis bientôt dix ans. Particulièrement attachés aux questions d’éveil, d’éducation et de lien social, Les Lunaisiens multiplient les résidences et actions auprès des publics jeunes et empêchés, pour lesquels Arnaud Marzorati développe et adapte des répertoires spécifiques.
Du récital à l’opéra de poche, l’ensemble, à géométrie variable, sillonne le territoire à la rencontre du public. Il lui propose une porte d’entrée inédite dans la musique, au contact du patrimoine français. L’originalité des Lunaisiens les amènent à se produire aussi bien dans les grandes salles de concert classiques (Philharmonie de Paris, Bouffes du Nord...) que sur les scènes lyriques (Opéra-Comique, Angers-Nantes  Opéra...), les Scènes nationales (Dunkerque, Evry...) ou les musées (Invalides, Orsay...).
En 2019, l’ensemble est en résidence à La Cité de la Voix de Vezelay. Les Lunaisiens reçoivent le soutien de Mécénat Musical Société Générale et de la Drac de la Région Hauts de France.

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Arnaud MARZORATI - Harmonuim & piano

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Vendredi 12 juillet à 21h30, Place du Marché de Sarrebourg
(ou gymnase Malleray en cas d’intempéries)

TOUJOURS ROMANTIQUES

L’ORCHESTRE DES JEUNES SYMPHONISTES MOSELLANS
Direction Olivier JANSEN

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Simon Clausse - Haegan’s Overture (2018 / 2019)

Ludwig van Beethoven - ouverture de Coriolan (1807)

Hector Berlioz - Marche Hongroise extr. de la Damnation de Faust (1869)

Piotr Illitch Tchaikovsky - Ouverture 1812 (1882) pour grand orchestre, cloches, canons et feu d’artifice

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Samedi 13 juillet à18H00, église réformée de Sarrebourg

 LE TRIOMPHE DE LA MORT PAR LE PÊCHÉ D’ADAM
Oratorio de Bonventura ALIOTTI (Palerme 1677)

Traversees baroques 2

Eve  Capucine Keller
Adam  Vincent Bouchot
La Raison  Anne Magouët
 Lucifer, le Sens  Renaud Delaigue
La Mort  Paulin Bündgen
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Choeur des vertus et choeur des démons
Capucine Keller, Anne Magouët, Paulin Bündgen, Vincent Bouchot, Renaud Delaigue;

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Violons baroques    Jasmine Eudeline , Saskia Birchler.
Cornet à bouquin et flûte à bec     Judith Pacquier, Liselotte Emery.
Basson     Monika Fischaleck.
Viole de gambe     Ronald Martin Alonso
violone    Elodie Peudepièce.
Théorbe    Matthias Spaeter.
Clavecin et orgue     Laurent Stewart.
Mise en espace      Jeanne Desoubeaux

LES TRAVERSÉES BAROQUES
Direction  ÉTIENNE MEYER

Portraits judith etienne 40 paysage
Judith Pacquier - Etienne Meyer
http://www.traversees-baroques.fr/

PAR LA FAUTE D’ADAM (comme par hasard…)
C’est en 1686, que fut présentée à la cour de Francesco II d’Este à Modène une œuvre qui suscita immédiatement l’admiration de tous : Il trionfo della Morte per il peccato d’Adamo; dialogue, composé et créé en 1677 à Ferrare par Bonaventura Aliotti, confrontant Adam et Ève à la tentation, mais également à leur passion amoureuse, leurs tourments et leurs doutes. On découvrait ici l’histoire du péché originel par le prisme des personnages principaux : la dimension humaine - et donc fragile - des états d’âme d’Adam et d’Ève offrant un nouvel éclairage.

L’œuvre débute par un somptueux duo dans lequel nos deux personnages avouent s’aimer d’un amour que rien ne peut dissoudre. Mais la Raison met Adam en garde : l’amour terrien est le père des remords. Elle lui demande donc de s’éloigner d’Ève et de rester fidèle à son créateur. La Mort, qui rôde sans pouvoir entrer dans le jardin, s’associe à Lucifer dans le but de régner sur le monde. Le Sens, aliéné jusque là par la Raison, se rebelle également. Lucifer se rend auprès d’Ève pour la tenter. Elle croque le fruit défendu, et use de ses charmes pour faire vaciller Adam - qui finit par céder en l’entendant chanter son désespoir dans un sublime lamento : « Que puis-je espérer, si mon amour n’est pas partagé ?

Comme dans tous ses oratorios, Aliotti fait ici preuve d’inspiration particulièrement heureuse quand à la caractéristique expressive des personnages, en distinguant les différents moments de l’action avec des techniques de composition et également des solutions harmoniques et mélodiques particulièrement efficaces.  À l’écoute du trionfo della Morte per il peccato d’Adamo, un auditeur contemporain d’Aliotti a pu parler de « concert merveilleux » et Il n’est pas étonnant que les oratorios d’Aliotti aient été connus et appréciés, du public palermitain certes, mais aussi dans des villes dotées d’une vie musicale moderne et raffinée, telles que Padoue, Ferrare, Modène, Bologne ou Naples.

L’origine d’une telle forme de narration musicale que l’on trouvera dans l’histoire de la musique occidentale tantôt sous le nom « d’histoire sacrée » (comment ne pas penser ici à Carissimi et à son élève Marc-Antoine Charpentier) tantôt d’oratorio est indissociable de l’ordre religieux des Oratoriens créé au XVIè siècle autour de saint Philippe Néri. Il s’agissait alors pour les religieux de se réunir dans l’oratoire de leur sanctuaire en dehors de leurs offices pour y commenter des textes sacrés entrecoupés de pièces polyphoniques généralement de courtes durées. Peu à peu, naitra une structure plus organisée, mettant en jeu des personnages mythiques des Écritures jusqu’à ce que l’oratorio devienne une arme de communication essentielle de l’église de la Contre Réforme, réussissant le tour de force de faire entrer à l’église le langage d’un genre qui y était absolument proscrit: celui de l’opéra. On cite généralement - et non sans raison - La rappresentatione di anima e di corps d’Emilio de Cavalieri, créée en février 1600 à la Chiesa Nuova  de Rome comme premier jalon de ce genre qui perdurerait jusqu’à nos jours.

                                                                                       BONAVENTURA ALIOTTI

La vie de Bonaventura Aliotti (1640 ca – 1690 ca) est relativement bien documentée. Il appartenait à l’ordre franciscain sicilien, ce qui le fit souvent connaître également sous le sobriquet de Padre Palermino. C’est à Palerme qu’il reçut toute sa formation musicale entre 1650 et 1670, notamment auprès de l’organiste et compositeur le plus renommé de la cité, le frère Giovanni Battista Fasolo. Comment le jeune Aliotti n’eût-il pas été subjugué par ce maître dont le Te Deum à 8 choeurs fut ainsi signalé dans une chronique palermitaine de 1652: « C’est cette musique qui, tant par la douceur des voix, la qualité des chanteurs, le style enlevé de composition du maître de chapelle, le père Fasolo, digne de tant d’admiration et d’applaudissements conquit les âmes de tous dans une extase de douceur, faisant oublier toutes autres préoccupations, jouissant d’une sorte de béatitude que je qualifierai de céleste, la fin nous laissant malheureusement une impression d’insatisfaction ». On peut cependant penser qu’Aliotti fut également le disciple du maître de chapelle de la cathédrale de Palerme, Bonaventura Rubino, musicien prolifique et d’une grande habileté (ne lui doit-on pas le gigantesque office du Stellario écrit pour 12 choeurs et 12 orchestres !) grâce à qui Aliotti put certainement avoir connaissance des styles de composition les plus modernes en usage dans la musique sacrée.

Il ne restera cependant pas en Sicile toute sa vie, la quittant en 1671 pour Padoue afin d’y occuper l’important poste de premier organiste puis de second maître de chapelle à la basilique franciscaine saint Antoine. Il y restera jusqu’en 1674 puis gagnera Venise et Ferrare où sera créé en 1677 ce trionfo della Morte per il peccato di Adamo  dans l’église de la Confraternité de la mort où il était organiste et, déjà à l’époque, célèbre centre musical pour les exécutions d’oratorios. L’oeuvre marquera tant les esprits, qu’elle fera l’objet de plusieurs copies et sera rejouée à plusieurs reprises, ce qui n’était pas fréquent à l’époque. Des onze oratorios dont il fut l’auteur (quatre subsistant dans les archives de Modène ou de Naples), le trionfo fut sans doute le plus significatif car prévoyant l’intervention, inhabituelle à l’époque, d’ensembles chorals qui représentent des groupes de personnages soulignant le développement de l’histoire par des choeurs d’une expressivité remarquable.

À partir de 1679, on retrouve Aliotti à Palerme où il passera les dix dernières années de sa vie, personnage caractéristique de la vie musicale palermitaine puisqu’il dirigera successivement ou parfois simultanément les principales institutions musicales religieuses de la ville sans pour autant négliger son activité de compositeur qui entrera de fait dans sa période la plus féconde.

LES INTERPRÈTES

Les Traversées Baroques
Ensemble vocal et instrumental consacré principalement à la restitution des musiques anciennes, Les Traversées Baroques sont nées en 2008. Prendre des chemins de traverses, explorer de nouveaux univers culturels et musicaux… Judith Pacquier (direction artistique) et Etienne Meyer (direction musicale), fondateurs de l’ensemble, réunissent autour d’eux des musiciens d’horizons différents pour redonner vie à des répertoires venant d’Italie, de Pologne, de République tchèque ou encore d’Allemagne. Ils proposent des programmes originaux donnés en concert ou encore reconstitués sur scène quand il s’agit d’opéras, enregistrés au disque ou transmis dans le cadre d’ateliers et de masterclass, le tout dans un constant souci de l’excellence artistique. Des programmes et créations musicales originales : c’est un voyage musical qui part de l’Italie, berceau de la musique du début du 17e siècle, et qui suit les nombreuses ramifications de son influence dans toute l’Europe. Claudio Monteverdi bien sûr, le père spirituel, mais également B. Strozzi, H. Schütz, K. Förster, M. Mielczewscki, G. Gabrieli, G. da Palestrina, G. Bassano et encore bien d’autres. 

Régulièrement invitées dans des lieux prestigieux (Festival de Callas, festival International de Sarrebourg, festival Musique et Mémoire, festival du Haut-Jura, Arsenal de Metz, Opéra de Dijon, Opéra de Saint-Etienne), Les Traversées Baroques se produisent également à l’international (Pologne, République tchèque, Suisse, Cuba, Norvège). Les Traversées Baroques se tournent également vers l’opéra, avec la reconstitution des intermèdes de la Pellegrina dans une version mise en scène (2014, A. Linos) et de l’Orfeo de Monteverdi (2016, Y. Lenoir). Les Traversées Baroques sont ensemble associé à l’Opéra de Dijon, ensemble en résidence au Festival International de Sarrebourg et ensemble en résidence avec la Ville de Dijon.

Les enregistrements discographiques de l’ensemble ont tous été salués par la critique nationale et internationale (FFFF Télérama, 5 diapason, Resmusica, Choix de France Musique, nominé aux International Music Awards). Les Traversées Baroques, en partenariat avec le label K617 et en collaboration avec l’Institut Adam Mickiewicz (culture.pl), ont ainsi pu enregistrer quatre disques consacrés au répertoire musical polonais. Ces disques ont été réédités en 2017, réunis dans le coffret Salve Festa Dies. Le disque consacré à Gabrieli et Bassano est sorti pour le label ACCENT en 2018. Un nouvel enregistrement discographique est prévu pour l’automne 2019. C’est également une volonté forte de formation des musiciens et du public de demain qui pousse Etienne Meyer et Judith Pacquier à proposer de manière régulière des masterclass, formations, conférences et ateliers autour du répertoire du début du 17e siècle : L’Atelier des Traversées Baroques a vu le jour à Prague, est passé par Varsovie, et est présent à Dijon. La 11ème édition aura lieu à Dijon en 2019, ouverte à plus de soixante musiciens curieux de découvertes musicales inédites, dans une même dynamique artistique.

Enfin, Les Traversées Baroques développent un répertoire de ciné-concerts tout public sur des musiques originales composées par Etienne Meyer : compositeur, passionné par le cinéma et les films muets, ce dernier écrit pour les musiciens des Traversées Baroques en prenant pour support des films et courts-métrages. Il utilise ainsi les riches sonorités des instruments anciens dans un langage moderne : Pat a Mat (2013), Le criquet (2014), Le vent (2017), et Le ballon rouge (2018), autant de ciné-concerts régulièrement diffusés. Des parcours pédagogiques sont régulièrement menés à destination des plus jeunes, en complément de représentations scolaires ou tout public. 

Les Traversées Baroques ? Pour une aventure hors des sentiers battus…

Les Traversées Baroques bénéficient du soutien du Ministère de la Culture (DRAC Bourgogne Franche-Comté) au titre des ensembles musicaux et vocaux conventionnés, du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté, du Conseil Départemental de la Côte d’Or et de la Ville de Dijon (en convention).

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Dimanche 14 juillet, 16h00 - église Saint Martin de Hoff

SCHÜTZ, UNE BIOGRAPHIE MUSICALE    

L​A CHAPELLE RHÉNANE
Direction Benoît HALLER

 

Salomé HALLER, Soprano Benoit HALLER, Ténor
Haller salome 05 Benoit haller 1


Clémence Schaming, violon - Étienne Mangot, viole de gambe - violone (en attente) cornet à bouquin et flûte à bec (en attente) - Abel Rohrbach, saqueboute Lucile Tessier, dulciane et flûte à bec, Pierre Rinderknecht, théorbe.

LE PROGRAMME

Vasto mar Madrigaux Italiens (Opus 1, Venise 1611)
Wohl dem, der nicht wandelt Psaumes de David (Opus 2, Dresden 1619)
Ego dormio, et cor meum vigilatVulnerasti cor meum Cantiones Sacræ (Opus 4, Freiberg 1625)
Anima mea liquefacta estAdjuro vos, filiæ Jerusalem - Domine, labia mea aperies Symphoniæ Sacræ I (Opus 6, Venise 1629)
Eile, mich, Gott, zu erretten Kleine geistliche Konzerte I (Opus 8, Leipzig 1636)
Habe deine Lust an dem Herren Kleine geistliche Konzerte II (Opus 9, Leipzig 1639)
Zweierlei bitte ich, Herr, von dir Symphoniæ Sacræ II (Opus 10, Dresden 1647)
Sehet an den Feigenbaum Geistliche Chormusik (Opus 11, Dresden 1648)
Der Herri st mein Hirt Symphoniæ Sacræ IIII (Opus 12, Dresden 1650)
Danksagen wir alle zwölf geistliche Gesänge (Opus 13, Dresden 1657)
Jauchzet dem Herrn Schwanengesang (Opus ultimum, Dresden 1671)

HEINRICH SCHÜTZ (1585-1672)

Heinrich schütz par rembrand

« Toi, grand Maurice, apprécie ces accents dévoués, et corriges-en la grossièreté par ton chant harmonieux ». C’est par ces paroles que Schütz achève son premier recueil d’oeuvres musicales, les « Madrigaux italiens » en 1611. Mais qui est donc ce « grand Maurice » dont il est question ici ? Et qui est Schütz, d’ailleurs ? Quel compositeur, quel homme est-il ? C’est ce que nous vous invitons à découvrir en parcourant sa biographie, en ouvrant un à un ses recueils de compositions.

Schütz nait en 1585 à Bad Köstritz, dans ce qui est aujourd’hui l’est de l’Allemagne, où son père est aubergiste. En 1607, alors qu’il fait ses études de droit à Marburg, son talent musical est repéré par le landgrave Maurice de Hesse (dit « l’éclairé »), qui lui accorde une bourse pour étudier la composition à Venise auprès de Giovanni Gabrieli. En 1613, le jeune homme retourne à Kassel où il est nommé organiste par Maurice, puis il part pour Dresden dans le cadre d’un échange diplomatique avec le prince-électeur de Saxe. Il succède à Michael Praetorius à la direction de la Chapelle princière.

Publiés en 1619, les Psaumes de David constituent un véritable hommage à Giovanni Gabrieli, qui composait ses Sacræ Sinfoniæ en disposant des groupes de chanteurs et d’instrumentistes sur les différentes tribunes de la basilique St-Marc à Venise.

La musique de Schütz est donc inspirée par le baroque naissant en Italie, dont l’objectif est de susciter l’émotion chez l’interprète et par conséquent chez l’auditeur. Pour cela, la première nécessité est la compréhension du texte : on abandonne progressivement le principe du contrepoint1. Mais rendre le texte compréhensible ne peut constituer le seul objectif de la musique baroque : il s’agit de dire avec la musique plus que ne disent les simples mots, de donner au texte un saveur particulière, une subjectivité, une singularité. Preuve en est le recueil des Cantiones Sacræ, publié en 1625. Non seulement le texte se comprend aisément, mais de plus chaque vers est mis en musique avec un motif différent. Ce principe navigue de voix en voix, participant à la fois de la complexité et de la limpidité du message.

Le baroque, c’est aussi la naissance du principe de la basse continue, qui va agir comme un élément libérateur pour les compositeurs : plus besoin d’un nombre minimum de 3 ou 4 musiciens pour assurer l’harmonie de la composition comme dans un canon : la basse ne s’interrompt jamais, elle sert de support harmonique à un nombre libre de voix chantées ou jouées aux instruments. Comme un nouvel hommage à Gabrieli, Schütz publie en 1629 son premier recueil de Symphoniæ Sacræ, pour une, deux ou trois parties vocales agrémentées de parties confiées à divers instruments imitant le chant.

En 1618 éclate la guerre de Trente ans, conflit d’une extrême complexité qui va décimer l’Europe entière. Schütz fait face à la misère et à des effectifs de plus en plus réduits parmi les musiciens de la Chapelle de Dresde. C’est dans ce contexte qu’il va composer ses recueils les plus intimes mais certainement aussi les plus denses, les Kleine geistliche Konzerte, en 1636 et en 1639. Ici, hormis la basse continue, plus d’instruments pour accompagner le chant. Comme dans la musique monodique de Monteverdi, le texte et la musique ne font plus qu’un, et le discours se fait plus que jamais didactique, accompagnant l’auditeur du désespoir vers la confiance. Ces deux recueils de petits concerts spirituels marquent aussi pour Schütz la fin de l’utilisation de la langue latine : dans l’esprit de la Réforme, le message spirituel doit être accessible au plus grand nombre (une des premières missions que Luther s’était fixée a été de traduire la bible dans la langue vernaculaire). C’est dans cette même dynamique que Schütz entreprend de composer un deuxième recueil de Symphoniæ Sacræ, ces concerts spirituels où voix et instruments reposent sur la basse continue, mais cette fois-ci, en langue allemande.

Si Schütz compose pour solistes vocaux et instrumentaux, il ne délaisse pas pour autant les effectifs chorals. En 1648 paraît la Geistliche Chormusik, un recueil de musique sacrée chorale pour 5, 6 et 7 voix, toutes d’égale importance. C’est là que prend tout son sens le principe du « broken consort », le consort éclaté qui est à la base du programme proposé ici par la Chapelle Rhénane : chaque famille d’instruments est illustrée par un de ses membres, les voix se fondent tout en conservant leur spécificité.

LES INTERPRÈTES

La collaboration musicale entre Benoît et Salomé Haller ne date pas d'hier. Adolescents, ces deux-là passaient tout leur temps libre à s'accompagner mutuellement, à écouter des disques, à fréquenter les concerts et à en organiser eux-mêmes, renforçant leur lien fraternel par la pratique musicale. C'est peut-être cette émulation qui a fait de tous deux des musiciens professionnels. Chacun a cheminé ensuite selon ses dispositions les plus naturelles : Salomé, partie à Paris, s'épanouissait sur les scènes d'opéra tandis que Benoît, tout en poursuivant sa carrière de chanteur principalement outre-Rhin, mettait ses qualités de leader au service de La Chapelle Rhénane, créée en 2001. Avec l'idée commune de célébrer leur compositeur chéri entre tous, Heinrich Schütz, Benoît et Salomé Haller ont imaginé de joyeuses retrouvailles auxquelles ils convoquent leurs plus chers amis musiciens, leurs autres frères et sœurs d'élection.

Ce programme met en œuvre le principe du Broken Consort. A la différence du consort strict - consort de flûtes, consort de violes, consort vocal - ce genre consiste à mélanger les différentes familles d'instruments, afin de susciter par des combinaisons inépuisables une richesse et une variété infinies de timbres, couleurs et textures. Usant à l'envi de cette avantageuse palette, la Chapelle Rhénane rend à son père musical un vibrant hommage, en exaltant toute sa force expressive, toute la chatoyance, la profondeur et la puissante séduction de la musique d'Heinrich Schütz.

LES TEXTES

Vasto mar nel cui seno
fan soave armonia
d’altezza e di virtù concordi venti,
questi devoti accenti t’offre la musa mia.
Tu, gran Mauritio, lor gradisci,
e in tanto farai di rozzo
armonioso il canto.
JJ Vaste mer au sein de laquelle les vents concordants
construisent une suave
harmonie de noblesse et de vertu,
ma musique t’offre ces accents dévoués.
Toi, grand Maurice, apprécie ces derniers,
et corriges-en la grossièreté
par ton chant harmonieux.
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Wohl dem, der nicht wandelt
im Rat der Gottlosen,
noch tritt auf den Weg der Sünder,
noch sitzet, da die Spötter sitzen,
sondern hat Lust zum Gesetze des Herren
und redet von seinem Gesetze Tag und Nacht!
Der ist wie ein Baum,
gepflanzet an den Wasserbächen,
der seine Frucht bringet zu seiner Zeit,
und seine Blätter verwelken nicht;
und was er machet, das gerät wohl.
Aber so sind die Gottlosen nicht,
sondern wie Spreu, die der Wind zerstreuet.
Darum bleiben die Gottlosen nicht im Gerichte, noch die Sünder
in der Gemeine der Gerechten.
Denn der Herr kennet den Weg der Gerechten; aber der Gottlosen Weg vergehet.
Ehre sei dem Vater und dem Sohn
und auch dem heilgen Geiste, wie es war im Anfang, jetzt und immerdar,
und von Ewigkeit zu Ewigkeit, Amen.
Psaume 1
 

Heureux l’homme qui ne chemine pas
à la manière des mécréants,
qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs,
et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs,
mais qui trouve son plaisir dans la loi du Seigneur,
et qui en parle jour et nuit !
Il est comme un arbre
planté près d’un cours d’eau,
qui donne son fruit en sa saison,
et dont le feuillage ne se flétrit point :
tout ce qu’il fait lui réussit.
Il en va tout différemment des mécréants :
ils sont comme la paille que le vent dissipe.
C’est pourquoi les mécréants ne résistent pas au jour du jugement,
ni les pécheurs dans l’assemblée des justes.
Car le Seigneur connaît la voie des justes,
et la voie des pécheurs mène à la ruine.
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit
Comme au commencement,
maintenant et toujours et de siècle en siècle. Amen.

  Separateur 3  

Ego dormio et cor meum vigilat.
Aperi mihi, soror mea,
columba mea, immaculata mea,
quia caput meum plenum est rore
et cincinni mei guttis noctium.
Cantique des cantiques 5,2

 

Je suis endormi, mais mon coeur veille.
Ouvre-moi, ma soeur, mon amie,
ma colombe, ma parfaite !
car ma tête est couverte de rosée,
et mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit.

  Separateur 3  

Vulnerasti cor meum,
filia carissima,
in uno oculorum tuorum,
in uno crine colli tui.
Cantique des cantiques 4,9

 

Tu as ravi mon coeur,
Fille très chère
par un seul de tes regards,
par un seul des colliers de ton cou.

  Separateur 3  

Anima mea liquefacta est,
ut dilectus locutus est,
vox enim ejus dulcis, et facies ejus decora.
Labia ejus lilia stillantia myrrham primam.
Cantique des cantiques 5,6 ; 2,14 ; 5,13

 

Mon âme a fondu
quand mon aimé m’a parlé,
car sa voix est douce, et sa figure est agréable.
Ses lèvres sont des lys, d’où s’écoule la myrrhe.

  Separateur 3  

Adjuro vos, filiae Jerusalem,
si inveneritis dilectum meum,
ut nuntietis ei, quia amore langueo.
Cantique des cantiques 5,8

 

Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
si vous trouvez mon bien-aimé,
de lui dire que je suis malade d’amour.

  Separateur 3  

Domine labia mea aperies,
et os meum annuntiabit laudem tuam.
Psaume 51,17

 

Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche publiera ta louange.

  Separateur 3  

Eile, mich, Gott, zu erretten,
Herr, mir zu helfen!
Es müssen sich schämen und zu Schanden werden, die nach meiner Seele stehen.
Sie müssen zurücke kehren und gehöhnet werden, die mir Übels wünschen,
daß sie müssen wiederum
zu Schanden werden, die da über mich schreien: da, da!
Freuen und fröhlich müssen sein in dir,
die nach dir fragen und dein Heil lieben,
immer sagen: Hoch gelobt sei Gott!
Ich aber bin elend und arm.
Gott, eile zu mir,
denn du bist mein Helfer und Erretter,
mein Gott, verzeuch nicht!
Psaume 70

Hâte-toi, ô Dieu, de me délivrer,
ô Seigneur, de m’aider !
u’ils soient honteux et confus,
eux qui en veulent à ma vie !
Qu’ils reculent et rougissent,
ceux qui désirent ma perte !
Qu’ils soient couverts de honte,
ceux qui se moquent de moi
en criant : Ah ! Ah !
Qu’ils exultent et se réjouissent en toi, ceux qui te cherchent et qui aiment ton salut,
disant sans cesse : Louange à Dieu !
Moi, je suis affligé et pauvre;
O Dieu, hâte-toi pour moi,
ar tu es mon secours et mon sauveur,
mon Dieu, ne tarde pas !

Separateur 3  

Habe deine Lust an dem Herren,
der wird dir geben, was dein Herz wünschet,
befiehl dem Herren deine Wege
und hoffe auf ihn, er wirds wohl machen.
Erzürne dich nicht über die Bösen,
sei nicht neidisch über die Übelthäter,
denn wie das Gras werden sie bald
abgehauen, und wie das grüne Kraut
werden sie verwelken.
Hoffe auf den Herren und tue Guts,
Bleib im lande
und nähre dich redlich.
Alléluia.

Fais de l’Éternel tes délices,
il te donnera ce que ton coeur désire.
Confie au Seigneur ton chemin,
Mets en lui ta confiance, et il réussira.
Ne t’irrite pas contre les méchants,
n’envie pas ceux qui font le mal,
car ils seront fauchés
ussi vite que l’herbe
et ils flétriront comme le gazon vert.
Espère en l’Éternel, et pratique le bien.
Aie le pays pour demeure
et l’honnêteté pour pâture.
Alléluia.

  Separateur 3  

Zweierlei bitte ich, Herr, von dir;
die wollest du mir nicht wegern,
ehe denn ich sterbe:
Abgötterei und Lüge lass ferne von mir sein;
Armut und Reichtum gib mir nicht,
lass mich aber mein bescheiden Teil
Speise dahin nehmen.
Ich möchte sonst, wo ich zu satt würde,
verleugnen und sagen:
Wer ist der Herr ?
Oder wo ich zu arm würde,
möchte ich stehlen
und mich an dem Namen
meines Gottes vergreifen.
Proverbes 30,7-9

Je te demande deux choses, Seigneur,
ne me les refuse pas,
avant que je meure !
Éloigne de moi la fausseté et le mensonge ;
ne me donne ni pauvreté, ni richesse,
mais accorde-men la modeste part
qui m’est nécessaire.
De peur que, dans labondance,
je ne te renie et ne dise :
« Qui est le Seigneur ? »
Ou que, dans la pauvreté,
je ne devienne voleur,
et ne mattaque
au nom de mon Dieu.

  Separateur 3  

Sehet an den Feigenbaum und alle Bäume,
wenn sie itzt ausschlagen,
so sehet ihrs an ihnen und merket,
dass itzt der Sommer nahe ist.
Also auch ihr, wenn ihr
dies alles sehet angehen,
so wisset, dass das Reich Gottes nahe ist.
Himmel und Erde vergehen,
aber meine Wort vergehen nicht.
Matthieu 24,32-35

Voyez le figuier et tous les arbres :
Quand ils bourgeonnent,
vous le voyez et comprenez
que l’été est désormais proche.
De même, quand vous voyez
toutes ces choses,
achez que le royaume de Dieu est proche.
Le ciel et la terre passeront,
mais mes paroles ne passeront point.

  Separateur 3  

Der Herr ist mein Hirt,
ir wird nichts mangeln.
Er weidet mich auf einer grünen Aue
und führet mich zum frischen Wasser.
Er erquicket meine Seele;
er führet mich auf rechter Straßen
um seines Namens willen.
Und ob ich schon wandert’
im finsteren Tal,
fürcht ich kein Unglück, denn du bist bei mir,
dein Stecken und Stab trösten mich.
Du bereitest vor mir einen Tisch
gegen meine Feinde,
du salbest mein Haupt mit Öle
und schenkest mir voll ein.
Gutes und Barmherzigkeit
werden mir folgen mein Leben lang,
und werde bleiben im Hause des Herren immerdar
Psaume 23

Le Seigneur est mon berger ;
je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages
et me dirige vers l’eau fraîche.
Il ravive mon âme.
Il me conduit sur les sentiers de la droiture,
à cause de son nom
Et même lorsque j’erre
dans la sombre vallée de la mort,
je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table,
en face de mes ennemis,
tu oins d’huile ma tête,
et tu fais déborder ma coupe.
Bienveillance et miséricorde
m’accompagneront toute ma vie,
et je demeurerai dans la maison du Seigneur
jusqu’à la fin de mes jours.

  Separateur 3  

Danksagen wir alle Gott,
unserm Herren Christo,
der uns mit seinem Wort hat erleuchtet,
und uns erlöset hat mit seinem Blute
von des Teufels G’walt.
Den sollen wir alle mit seinen Engeln
loben mit Schalle, singen:
Preis sei Gott in der Höhe !
Amen.
Nikolaus Selnecker (1528-1592)

Rendons grâce à Dieu,
notre Seigneur Christ,
qui nous a éclairés par sa parole
et nous a rachetés par son sang
de la main du Diable.
Nous le louerons avec force
avec tous ses Anges, en chantant :
Gloire à Dieu au plus haut des cieux.
Amen.

  Separateur 3  

Jauchzet dem Herren, alle Welt!
Dienet dem Herrn mit Freuden,
kommet vor sein Angesicht mit Frohlocken!
Erkennt, daß der Herre Gott ist!
Er hat uns gemacht, und nicht wir selbst,
zu seinem Volk
und zu Schafen seiner Weide.
Gehet zu seinen Toren ein mit Danken,
zu seinen Vorhöfen mit Loben;
danket ihm, lobet seinen Namen!
Denn der Herr ist freundlich,
und seine Gnade währet ewig
und seine Wahrheit für und für.
Ehre sei dem Vater und dem Sohn
und auch dem heilgen Geiste,
wie es war im Anfang,
jetzt und immerdar,
und von Ewigkeit zu Ewigkeit, Amen.
Psaume 100

Acclamez le Seigneur, toute la terre,
Servez le Seigneur avec joie ;
allez vers lui avec des chants d’allégresse !
Reconnaissez que le Seigneur est Dieu !
C’est lui qui nous a faits, et non nous-mêmes,
pour être son peuple
et le troupeau de son pâturage
Entrez dans ses portes avec reconnaissance,
dans ses parvis avec des louanges !
Remerciez-le, louez son nom !
Car le Seigneur est bon,
et sa bonté dure toujours
et sa fidélité de génération en génération.
Gloire au Père, au Fils
t au Saint-Esprit.
Comme au commencement,
maintenant et toujours.
Et de siècle en siècle.

 

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